Page 47 - ACP Magazine janvier 2018
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le Larousse2 il est dé ni comme suit: «Fait de ne pas tenir rigueur d’une faute; rémission d’une offense; accorder son pardon. » Ma question est celle-ci : pour accorder son pardon, doit-on nous avoir demandé de le faire? Demander pardon? Si c’est le cas, on risque de ne jamais pardonner à notre « bourreau ».
PAR DONNER – SE DONNER, À SOI, LA LIBERTÉ
Dans les milieux du développement personnel, le pardon est abordé par plusieurs auteurs comme le moyen de se libérer soi-même de l’étau de la haine, du poison émotionnel du ressentiment, dont les effets toxiques touchent, en premier chef, ceux qui les cultivent.3
Alors, commençons donc par nous pardonner à nous-mêmes, dirons-nous. Pas facile, car cela demande une grande introspection et une grande franchise relativement à soi. Et la personne à qui l’on ment le plus facilement est soi. Tout ce que l’on garde en dedans de soi, nos zones sombres, la culpabilité, la colère envers l’autre, mais aussi envers soi, la honte – celle d’avoir fait con ance, etc. Tout cela, il faut le regarder en pleine face et être honnête et intègre envers soi-même; pas facile, mais petit à petit, et parfois avec l’aide d’un thérapeute, on peut y arriver. Je peux vous assurer qu’en prenant ce chemin, ce que l’on retrouve au bout du tunnel c’est la lumière de la liberté.
2 http ://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/pardon/58105 3 https ://fr.wikipedia.org/wiki/Pardon
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S’il est vrai qu’il fallait que la personne qui nous avait fait du tort devait avoir eu une intention claire de nous blesser, il faut aussi nous demander si nous avons, envers nous-mêmes, l’intention claire de nous faire mal en entretenant les événements de notre passé qui nous ont brisés, blessés, parfois presque détruits.
COMMENT PEUT-ON Y ARRIVER?
Puisque souvent les blessures qui nous af igent viennent du passé, serait-ce le fait que nous vivions dans ce passé qui fait que nous n’arrivons pas à pardonner? Nous pouvons tous nous rappeler un moment où une personne nous a ramenés dans le passé en nous racontant un geste que nous avons fait ou une parole que nous lui avons dite et qui l’a blessée et, bien que nous fassions des efforts, nous ne nous en souvenons pas.
Pouffff! Ce n’est plus là dans notre mémoire, mais c’est toujours bien vivant dans la sienne. Parfois, et même j’oserais dire souvent, nous gardons en mémoire des événements où nous nous sommes sentis victimes et, sans même en être conscients, nous nous entraînons à raviver, à notre mémoire, à nous le rappeler, à garder vivants ces faits, moments et paroles comme si, en faisant cela, nous voulions punir l’autre de nous avoir fait mal. Et tout cela, dans l’inconscience.
P r la légèreté d’ê e
     À coup de plume - Janvier 2018























































































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