Page 39 - ACP Magazine janvier 2018
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P r la légèreté d’ê e
« Ce que je ressentais à ce m ent était du calme...  i, un  and calme intérie . »
ce que l’autre parent lui aura raconté est basé sur de fausses vérités ou encore en le citant hors contexte, tout simplement.
Quant à moi, mon enfant est grand. Il est adulte et enfant unique. Nous avons vécu un divorce très dif cile mon ex-mari et moi, et je ne montrerai pas patte blanche dans ce que je vous raconte ici, puisque j’y ai mis rancœur et haine moi aussi. J’ai toujours tout fait pour tenter de réfuter les accusa- tions de mon ex-conjoint.
Seulement, maintenant mon  ls ne m’adresse plus la parole. Je me suis accrochée, tentant par tous les moyens que je connaissais de garder le contact, de me faire aimer, de ne pas voir la relation sombrer dans l’oubli le plus total, au nom de mensonges éhontés et j’en passe.
Malheureusement, plus je m’appro- chais, plus il s’éloignait.
Il existe deux écoles de pensées lors de situations comme celle que j’ai vécue et que je vis encore. La première voulant que j’ignore totalement mon enfant et la deuxième que je persiste à lui faire signe, même maladroitement, pour lui montrer que tout n’est pas noir ou blanc et que je l’aime énormément.
Moi, j’ai opté pour le deuxième choix. Je n’avais pas la force pour la première option.
J’ai été maladroite parce que trop nerveuse dans ma communication. J’ai eu à faire face à l’indifférence. Pendant ce temps, toutefois, cet adulte qui a déjà été mon poussin s’est beau- coup rapproché de son père. J’ai la preuve indéniable désormais qu’il ne reviendra pas dans ma vie, à moins que je ne m’excuse et que j’expie une faute que je n’ai pas commise, et ce, pendant une éternité.
J’ai longtemps souffert en silence ou en paroles de cet état de fait. Jusqu’au jour où j’ai pris la décision formelle de « couper » ces liens affectifs qui me reliaient encore à lui.
Car, s’il est vrai que j’ai été victime en bien des occasions de mon ex-conjoint, je l’ai aussi été de de mon enfant. Les abus ont débuté à l’adolescence et ont persisté dans le temps. Si bien que j’ai différentes blessures béantes que je me dois de guérir pour être heureuse, puisque je sais désormais que je mérite le bonheur moi aussi.
Dernièrement, j’ai décidé de me débar- rasser de tous les moyens que j’utilisais avant pour tenter de le joindre. Ce que je ressentais à ce moment était du calme... oui, un grand calme intérieur.
Je n’ai pas cessé d’aimer mon enfant, même s’il a souvent abusé de ma personne. Mais, je l’aime différem- ment, avec plus de maturité et de recul. Je ne suis plus la maman victime
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À coup de plume - Janvier 2018
  



















































































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