Page 28 - ACP Magazine janvier 2018
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P r la légèreté d’ê e
« M ci de c prendre qu’à  av s mes
« Vas t’en, mais reste ici » se cache un s ci de ne pas t’impos  la l rde  de ma présence. »
mais je sais que, malgré tout, toi, tu t’en doutes bien.
Pardonne-moi pour mes engagements non tenus et ma dif culté à accepter tes 1000 projets a n de me changer les idées, mais je dois décliner, a n de me préserver, lorsque je sais que la force de faire semblant est « backorder ».
Pardonne-moi de tout remettre en question, je suis remplie d’incohé- rences. Mes pensées se bousculent constamment. Merci de comprendre qu’à travers mes «Vas t’en, mais reste ici» se cache un souci de ne pas t’im- poser la lourdeur de ma présence.
Pardonne-moi de décliner tes invita- tions, parfois de ne pas retourner tes appels, mais je laisse souvent le contrôle au silence, espérant qu’il balaie tout sur son passage, y compris mes pensées et mes loups.
Pardonne-moi de tout oublier, ma bous- sole interne ne pointe plus le Nord, je suis insécure, j’ai perdu mes repères; on me dit que c’est normal, je me sens perdue dans un labyrinthe.
Pardonne-moi de te laisser dans cette position inconfortable de l’impuissance. Tu ne le sais pas encore, mais c’est exactement ce qu’il me faut a n de me guérir. Je sais que c’est exigeant pour toi de me voir souffrir, je sais que tu
aimerais tant diminuer ma souffrance, mais sache que de te savoir là, dans cette posture, est assurément le plus beau signe d’amour que tu puisses me donner présentement.
Merci...
Merci de me laisser me plaindre, à petite dose, ça me fait l’effet d’un anti-in am- matoire, quoique ça ne change en rien la situation, je te con e que c’est secrè- tement une façon cachée de vivre ma colère.
Merci de me rappeler qu’«être fort» c’est accueillir ses émotions quand elles se présentent et, surtout, ne te gêne pas de me rappeler que de les garder en moi ne m’aidera pas. Remémore-moi qu’un tel marathon émotif peut assuré- ment me demander un temps d’arrêt.
Merci de comprendre que, bien que je sois souvent le pilier autour de moi, j’ai peine à l’avouer, mais je désire aussi faire prendre soin de moi. Sans me materner, simplement en m’aimant imparfaite, comme je suis.
Merci de me permettre de croire en toi, car ma foi est ébranlée et même si tu n’es pas Dieu ou une autre présence supérieure populaire, tu me permets, indirectement, de maintenir ce  l, qui me ramènera à croire en moi le temps venu.
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À coup de plume - Janvier 2018
  

















































































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