Page 10 - ACP Magazine janvier 2018
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P r la légèreté d’ê e
« Le p d  à s -même est probablement
le plus difficile de t s, puisque n s s mes t j rs plus  igeants env s n s-mêmes. »
«À cette époque, le pardon, pour moi, était d’admettre que tout ce qui m’était arrivé était OK, que ce n’était pas grave et que je devais oublier. Il était donc impensable pour moi de pardonner ! »
C’est aux environs de trente-cinq ans qu’elle a réalisé que si elle n’entamait pas le processus du pardon, elle allait sûrement en mourir ! « J’étais consumée par la rage... »
Ce terme qui l’a longtemps rebuté, elle l’avait désormais constamment dans la tête, car il revenait sans cesse dans sa vie sous différentes formes ou messages.
« J’ai  nalement visualisé mon cœur d’enfant qui était pur et rose et qui était rendu plein de taches noires qui se faisaient de plus en plus grandes par le vécu que j’avais eu, mais que je n’avais pas réglé. J’étais fonctionnelle, mais mon cœur, lui, ne l’était pas.
Pour moi, le pardon est devenu un don d’amour à moi-même, car c’est un don de libération. En pardonnant et en lais- sant aller, je me libère.
J’ai réalisé aussi que dans certaines circonstances, j’avais pardonné psycho- logiquement, mais je n’étais pas entrée dans le passage émotionnel. J’avais beaucoup de ménage à faire en ce qui concernait mes parents, mon agresseur et mon violeur. C’est donc couche par
couche que j’ai nettoyé et libéré mon cœur.
En fait, mon cœur est comme ma maison et il est légitime que tout cela prenne un certain temps. On ne fait pas le ménage de notre maison en claquant des doigts, encore moins celui de notre cœur.»
Céline m’explique comment elle voit le processus du pardon. Elle me dit que c’en est un qui est personnel à chacun. Certains sont en colère, d’autres se posi- tionnent en victimes. Ils se demandent quoi faire de tout cela désormais...
LE PARDON À SOI-MÊME
Elle m’explique également que le pardon à soi-même est probablement le plus dif cile de tous, puisque nous sommes toujours plus exigeants envers nous-mêmes.
«Je ne me célébrais pas vraiment. Je minimisais l’amour qu’on me témoi- gnait. Tu sais, on veut tous être aimés, mais la plupart du temps, on ne s’aime pas soi-même ! Moi, ma colère était ma “doudou”. J’aimais me la frotter sur le bout du nez », me dit-elle souriante.
La souffrance que nous vivons lors d’un certain épisode de vie, souvent, nous nous la faisons vivre plus longtemps que la situation en question a réelle-
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À coup de plume - Janvier 2018
  
















































































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